Quake Champions

E3 2016 Nuit 1 : des vides et des pleins

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Comme chaque année début juin, ça y est, c’est parti, l’E3 de Los Angeles, l’une des grand-messes du jeu vidéo. Et cette année, les deux conférences à ouvrir le bal ont été celles d’Electronic Arts puis de Bethesda.

Quoique, autant être très clair, parler de conférence pour le premier est vraiment faire injure au concept : on a vu que dalle. Du blabla balancé à la chaîne, aucune présentation de gameplay.

  • « Mass Effect Andromeda ? Oui, oui, on est dessus, ça arrive, mais on a rien d’autre à vous montrer qu’un pauvre making-of dans lequel on vous dit tout aussi rien qu’avant. » Donc oui, OK, on a vu des images du moteur du jeu, oui techniquement c’est parti pour être excellent, mais il aurait été temps de nous montrer un peu plus le bestial, non ? Non ? Ben non alors…
  • « De nouveaux jeux Star Wars ? Oui, on a plein de studios qui sont au boulot dessus, on a un planning rempli jusqu’en 2018. Vous les montrer ? Euh…Pourquoi pas un autre petit making-of à la place ? » Et là, c’est vraiment du foutage de gueule, parce qu’autant pour Mass Effect Andromeda y avait quand même des visuels, autant là y a rien, ils font juste le tour de leurs différents studios avec un représentant interviewé pour dire combien ils sont content de bosser sur la licence Star Wars.
  • « Battlefield 1 ? Nan, mais coupez pas le stream de suite, on a la diffusion de la première partie mondiale à 64 joueurs après… » Et effectivement, on a vu ce que ça donne ce nouveau Battlefield sauce Première Guerre mondiale, à savoir rien de bien nouveau sous le soleil en fait, techniquement ça envoie du très lourd, mais côté gameplay la recette n’a pas l’air d’avoir dévié d’un iota depuis, allez, Battlefield 2 si on prend en compte l’opus qui a ajouté le commandeur. Ce qui fait le plus rire jaune, c’est quand on voit les protagonistes de la démonstration piloter les vieux coucous qu’on avait pratiquement plus vu depuis feu la série des Red Baron avec autant de facilité que les chasseurs ultra-modernes des troisième et quatrième opus, pareil pour les tanks d’ailleurs, ils n’avaient pas vraiment l’air d’en chier plus que ça alors qu’on aperçoit notamment le vieux bousin tier 1 français dans World of Tanks. Alors oui, le but n’est pas de révolutionner la série qui se veut tout sauf une simulation (même si on reparle du fait qu’il fallait un bon vieux manche à balais pour ne pas exploser connement les avions en 10 secondes dans les premiers volets ?), oui on a les énormes dirigeables en guise d’arme ultime qui font vaguement penser à un retour des énormes vaisseaux Titans de Battlefield 2142, mais bon, peu de chances que ludiquement parlant ceux qui n’accrochent pas ou plus y (re)viennent.

Donc en résumé, chez EA, pour ce qui est de la conférence à proprement parler (donc hors démo de BF1), circulez, y a rien eu à voir.

Bethesda en revanche a sorti la même recette que l’an dernier, à savoir la bonne vieille recette du « on va vous parler à fond de nos jeux, on va taper fort avec du vrai gameplay qui claque, et on va vous faire bien plaisir avec du contenu disponible immédiatement ou presque ».

J’avoue que je les attendais au tournant, notamment à cause de la semi-déception qu’a été pour moi Fallout 4, surtout sur le plan RolePlay et quand on voit à quel point c’est quand même mieux dans l’extension Far Harbor. Et j’ai été agréablement surpris.

  • Quake Champions
    Bon, là, j’avoue, on a certainement tous cru qu’ils allaient nous la jouer à la EA, parce que d’entrée nous coller juste une cinématique d’annonce et un « on vous montrera vraiment tout ça à la prochaine QuakeCon », ça le fait moyen. Mais on a quand même eu quelques infos intéressantes, notamment sur le fait que ce sera un titre 100% pur PC, donc ça va bombarder côté technique en visant du 120 Hz mais sans limite d’imagerie/seconde, et la promesse du coup d’un gameplay totalement sans concession, contrairement à ce qu’on a quand même sur Doom par exemple.
  • Le futur pour Fallout 4
    Parce que oui, merde, quand on passe en mars dernier le tarif du Season Pass de 30 à 50€, 3 DLC dont un hautement dispensable qui aurait vraiment pu être gratuit, ça fait un peu léger, même si dedans on a aussi une grosse région supplémentaire avec une narration un bon cran meilleure que dans le jeu principal. Donc outre, je l’espère très, mais alors très fortement, des patchs qui vont vraiment continuer à débugger les vieux ratés, notamment niveau scripts, que le moteur se trimbale depuis Oblivion, on va avoir un premier DLC la semaine prochaine, dont je me contrefous parce que c’est encore du rajout de circuits et mécanismes pour la personnalisation des campements et que ça aurait pu et dû être gratuit, puis on passe pour juillet à un morceau nettement plus intéressant. Une possibilité que j’attendais vraiment, parce que c’était du gros fichage de tronche qu’ils ne l’aient pas fait dès le jeu de base au lieu de nous coller tous ces campements merdiques à retaper, et parce qu’ils nous avaient fait Fallout Shelter en préambule : construire son abri, et même faire des expérience à la Vault-Tech dedans ! Cela donnerait même presque envie de recommencer le jeu pour renvoyer bouler tous les clampins à l’extérieur pour ne s’occuper que de son abri peinard… Enfin, le mois d’août sera dédié à une balade à Nuka World, le parc d’attraction dédié à la plus célèbre boisson du monde de Fallout, Nuka Cola, qui a l’air fort bien conservé, et comme d’habitude dans ce genre de cas, ça veut forcément dire qu’il y a anguille sous roche.
  • Du neuf pour Fallout Shelter
    Ils ne pouvaient évidemment pas passer à côté de leur unique et extrêmement populaire premier jeu mobile de gestion d’abri Vault-Tech. Et justement, mobile il ne sera plus exclusivement, car outre plein de nouveautés à venir dont des quêtes et des lieux à explorer en surface, ils ont annoncé la sortie de Fallout Shelter sur PC, ce qui personnellement me ravit, parce qu’à l’instar de Star Command, c’est typiquement le genre de jeu mobile que j’ai apprécié sur terminal tactile, mais auquel j’ai vraiment hâte de pouvoir jouer avec une souris.
  • Doom, ou le gratuit, c’est bien quand même
    Pas grand-chose pour Doom, en même temps il est sorti le mois dernier, juste du « on va balancer tout le contenu additionnel à venir gratuitement » et un petit « oui, on se souvient que les démos, même que les vieux de la vieille de Doom appelaient ça des sharewares, ça existe, et que les gens aiment ça, donc on va proposer le premier niveau de Doom gratos sur PC…mais juste pour une semaine. » Merde, ça partait pourtant tellement bien…
  • Prey n’est pas mort
    Vous vous souvenez de Prey, le FPS dont l’annonce était presque aussi vieille que celle de Duke Nukem Forever, sauf que lui est sorti quelques années avant et qu’il était bel et bien dans l’air du temps avec son gameplay à base de portails et de rampes modifiant la gravité, ainsi que son scénario mêlant traditions amérindiennes et SF bien crade ? Il était supposé avoir une suite, qu’on nous avait montré il y a quelques années, dans le même univers, avec le même genre de direction artistique, mais nettement plus exotique avec plein de races aliens cohabitant dans un grand monde ouvert au sein duquel on aurait incarné une sorte de chasseur de primes. Sauf que ce Prey 2 est décédé depuis, le studio qui était dessus également, et ce qui nous a été montré ce soir tient plus du reboot complet qu’autre chose. Et encore, un reboot normalement on doit voir d’emblée le lien avec le rebooté, sauf que là, non. On a le même nom, c’est toujours à la première personne, c’est toujours de la SF, mais ça sent plus un genre d’univers à la Portal auquel on aurait ajouté de l’essence de Bioshock et de Dishonored (normal pour le second, c’est estampillé Arkane Austin). En gros, on nous présente Mr. Yu qui revit au moins 3 fois la même journée avec juste à chaque fois ses yeux qui deviennent de plus en plus injectés de sang, puis en fait on nous montre que le monsieur en question semble plutôt être un cobaye d’une expérience scientifique bien tordue, dans la lignée de Chell dans Portal, expérience se déroulant sur une station spatiale qui se trouve être la proie d’une entité extraterrestre évidemment encore plus mal intentionnée. Dans les faits, les quelques phases de gameplay aperçues dans la bande-annonce font assez fortement penser à du Dishonored version SF glauque, mais c’est bien tout ce qu’on a à se mettre sous la dent.
  • Dishonored 2, ou il serait grand-temps que je me fasse le premier sur 360 parce que ça a vraiment l’air de claquer
    Comme Fallout 4 l’an dernier, Dishonored 2 a eu droit à la plus grosse présentation. On avait vu en 2015 juste une cinématique présentant la nouvelle héroïne, là ils nous ont montré la totale, démo technique du moteur qui s’avère être magnifique avec une direction artistique une nouvelle fois fort inspirée et un soucis du détail qu’on a plus vu l’an dernier du côté de chez CDProjekt que du côté de Bethesda, ainsi que plusieurs longues phases de gameplay avec surtout la démonstration des différents pouvoirs disponibles qui s’avèrent êtres assez nombreux et permettant potentiellement l’élaboration de plans bien tordus. Ils ont aussi montré un niveau où on retrouve des idées héritées de Prey justement : un manoir dans lequel un rituel s’est mal passé et a altéré la réalité, les pouvoirs n’y fonctionnent pas, par contre on dispose d’un artefact permettant de se déplacer à loisir entre le présent où le manoir est en ruine et le passé où le manoir est dans toute sa splendeur mais toujours habité, ce qui permet une approche encore différente des situations, un peu comme les énigmes dans Prey qui exigeaient de notre indien Tommy qu’il sorte de son corps en mode esprit. De plus, histoire de bien titiller le rôliste qui sommeille en chacun de nous, plusieurs choix seront offert au joueur dans l’affrontement des différentes factions, qui conditionneront le cheminement de l’histoire et sa conclusion.
    En bref, autant dire qu’Ubisoft a plus que grand intérêt à balancer du lourd avec l’arrêt de l’annualisation fort bienvenue des Assassin’s Creed, parce qu’il y a maintenant un concurrent monstrueusement sérieux en face.
  • Pour le reste…
    Le reste, j’avoue que ça me touche nettement moins. The Elder Scrolls Legends, le jeu de carte à la Heartstone, déjà que je n’ai pas touché à ce dernier, je ne vois aucune raison de me préoccuper de celui-là. En ce qui concerne The Elder Scrolls Online…oui, il a l’air très bien comme MMO, mais mon temps pour les jeux en ligne est déjà archi-plein, donc pas pour moi, du moins pas pour l’instant.

    Ah, oui, j’ai failli oublier, Skyrim en version plus mieux sur les consoles remake gen. Parce qu’il y a un public assez con pour ça.

Allez, c’est tout pour cette première nuit, rendez-vous ce soir pour la deuxième avec au programme Microsoft, PC Gaming Show, Ubisoft et Sony.

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